Révélateur des futurs grands de Bourgogne.
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Domaine William KELLEY

Vins d'artisan signés William Kelley. Retrouvez ces cuvées bourguignonnes confidentielles distribuées exclusivement aux restaurants et bars à vin romands.

Domaine William KELLEY

Pommard, Burgundy

Niché au cœur du pittoresque village de Pommard, le domaine de William Kelley élabore en toute discrétion certains des vins les plus singuliers de Bourgogne — des cuvées hors norme qui bousculent les conventions.

L’histoire d’amour de William avec le vin commence très tôt, née de l’opportunité rare de déguster une bouteille du mythique Château Lynch-Bages 1955. Cet instant a agi comme une étincelle. Durant son mandat de président de l’Oxford University Wine Circle — le plus ancien club de dégustation étudiant au monde —, il orchestre des dégustations mémorables, réunissant aussi bien de très grands noms comme Château Margaux que des vignerons d’auteur comme Yves Gangloff et Ulysse Collin. Sa connaissance encyclopédique s’étend aux vignobles français, californiens, allemands et piémontais, et transparaît avec éclat dans chacune de ses créations. Diplômé d’Oxford avec un doctorat en histoire,William allie rigueur intellectuelle et pure intuition dans chaque flacon.

En 2015, il commence à collaborer avec le magazine Decanter, couvrant l'Amérique du Nord et commentant les millésimes 2015 et 2016 en Bourgogne. Son regard affûté s’exprime également dans des revues telles que Noble Rot ou The Robb Report. La même année, il figure parmi les finalistes du prix Louis Roederer Emerging Wine Writer of the Year.Un an plus tard, il se voit décerner la prestigieuse bourse Frank G. Prial Fellowship au Symposium des journalistes du vin à Napa. En 2017, il rejoint The Wine Advocate, où il apporte un regard neuf et redéfinit la couverture de la Bourgogne et de la Champagne.

L’aventure du domaine William Kelley voit le jour en 2018, avec une micro-production de seulement 600 bouteilles de Chambolle-Musigny « Les Fouchères ». Élaborée avec une précision d’orfèvre, cette toute première cuvée pose les fondations d’un domaine résolument tourné vers l’élégance et la finesse. Il réitère la mise en bouteille sur les millésimes 2019 et 2020, élevant les vins en toute discrétion dans une cave à Chambolle-Musigny. Chaque grappe fait l’objet d’un éraflage partiel selon la méthode pédicellée — en retirant les grains de la rafle centrale —, une technique minutieuse et exigeante rendue célèbre par Lalou Bize-Leroy au début des années 2000. Une tâche titanesque, mais dont le gain qualitatif justifie chaque seconde de travail.

En 2021, après l’acquisition d’une ancienne cuverie, William étoffe sa gamme avec un Gevrey-Chambertin « Aux Échezeaux » et un Bourgogne Aligoté. L’année suivante marque de nouvelles arrivées : Chambolle-Musigny 1er Cru « Les Charmes » et Meursault « Les Narvaux ». Puis, en 2023, de nouvelles parcelles viennent consolider l’assise grandissante du domaine.

Jusqu’en 2024, William n’était propriétaire que de deux parcelles. La première — en Beaune 1er Cru « Les Chouacheux » — ne compte que sept rangs de vignes, produisant un unique fût par an. Elle se distingue immédiatement par son palissage particulièrement haut — une pratique rare et très exigeante, inspirée par le Domaine Leroy, Dugat-Py, Jean-Marc Vincent et Bruno Lorenzon. L’idée consiste à hisser le feuillage pour l’éloigner de la chaleur du sol, à l’opposé des méthodes historiques qui cherchaient à retenir la chaleur. La culture y est quasi biologique, avec recours aux phosphonates pour réduire drastiquement l’utilisation du cuivre. La seconde vigne, « Les Pierres Blanches », est une splendide parcelle d’environ 15 ares nichée à flanc de coteau arboré. Avec son cadre paisible, son altitude et son tressage haut, c’est un véritable joyau caché.

En 2025, William acquiert de nouvelles parcelles, dont une vigne rare d’aligotés centenaires d’altitude, ainsi que plusieurs minuscules îlots idéalement situés à Pommard — tous destinés à intégrer le millésime 2025.

La cuverie elle-même est installée dans une bâtisse historique et sobre qui abritait autrefois le Domaine Mussy, dont l’activité s’est arrêtée au début des années 2010. L’endroit ne porte toujours aucune enseigne : à moins d’avoir reçu une invitation personnelle, trouver les lieux relève presque de l’impossible. Cela fait partie intégrante du mystère et permet à William de se consacrer pleinement à ce qui compte vraiment : le geste artisanal.

Chaque détail est mûrement réfléchi. Les étiquettes sont apposées à la main, les bouteilles sont scellées à la cire de premier choix (à l’instar de ce que pratique toujours le Domaine Raveneau) et rien n'est laissé à la précipitation. Des cuves en chêne conçues sur mesure par la tonnellerie Taransaud — aux proportions plus larges que d’usage, imaginées par William lui-même — permettent des fermentations lentes et naturelles, sans aucun intrant. La tonnellerie François Frères fournit l’essentiel des fûts, issus des mêmes pièces de chêne réservées à des domaines mythiques comme le Domaine Leroy, complétés de quelques fûts spécifiques réalisés par Bruno Lorenzon pour apporter une touche de complexité supplémentaire.

Sur les parcelles qu’il cultive lui-même, William privilégie le travail au cheval plutôt qu’au tracteur afin de préserver la vie des sols et la finesse des raisins. La vendange fait l’objet d’un triple tri — deux à la vigne, un en cuverie — sans jamais utiliser de table de tri mécanique afin d’épargner les baies. L'éraflage est réalisé à l'aide d'un érafloir ancien des années 1960, réputé pour son extrême douceur envers le fruit.

Les blancs sont vinifiés avec patience et rigueur. Le pressurage, lent et oxydatif, est effectué sur un pressoir traditionnel.Les moûts coulent directement en fûts pour un élevage d’au moins deux ans sur lies fines — une étape que William estime indispensable pour atteindre la grandeur.

Les rouges conjuguent les techniques traditionnelles des années 1950 avec une précision contemporaine pour maintenir une cuverie parfaitement exempte de levures indésirables (Brettanomyces). L’embouteillage s'effectue manuellement par gravité grâce à la traditionnelle tireuse « chèvre à deux becs », un procédé presque disparu en dehors de maisons comme le Domaine Bizot ou Coche-Dury. Inspiré par le Domaine Lamy-Caillat, un système sur mesure permet de surveiller le niveau de remplissage des bouteilles sous gaz inerte pour une justesse maximale.

Bien que les vins soient produits depuis 2018, leurs premières mises en marché n’ont débuté qu’en 2023 : une démarche qui en dit long. Les tables les plus renommées de Beaune et de Paris, ainsi que des cavistes de premier ordre aux États-Unis et au Royaume-Uni, s’en sont déjà épris. Détail fascinant : la moitié de la production est conditionnée en magnums — et aucun d’entre eux n'a encore été mis en vente. Un choix qui illustre à lui seul la vision à long terme de William et son ambition de bâtir une œuvre pérenne.

À seulement 35 ans, William Kelley ne fait que débuter son aventure. Il ambitionne de maintenir un domaine à taille humaine — 3 à 4 hectares au maximum — afin de conserver la maîtrise manuelle de chaque geste. L’objectif ? Donner naissance à des vins taillés pour la garde, capables d’unir tradition et modernité avec une rare virtuosité.

Le domaine William Kelley fait partie de ces havres rares où se rencontrent précision, humilité et recherche absolue du sens. L’avenir s’annonce remarquable — et la Bourgogne ne manquera pas d’observer chaque étape de son parcours.

FURTHER INFORMATION FOR THE GEEKS:

Viticulture: Challenging Norms for Terroir Purity

Kelley’s vineyard philosophy is remarkably hands-on and innovative. While his practices are certifiable as organic in spirit, he strategically employs phosphonates – a product permitted in organic certifications in some countries – which allows for a significant reduction in copper use, a crucial benefit in rainy growing seasons. Beyond this, his sprays include copper sulfate, copper hydroxide, liquid sulfur, sulfur powder, talc, essential oils (orange, oregano), and algae-based foliar treatments, all personally applied with a backpack sprayer to ensure precision and minimize environmental impact.

In the vineyards, the cultivation is meticulously executed by horse, preserving delicate soil structure and promoting microbial life, a stark contrast to mechanical tilling. Kelley's approach to vine training is particularly unique: he eschews the traditional "goblet" pruning and does not hedge or trim his vines during the growing season. Instead, he trains fruiting canes and canopies exceptionally high, a technique inspired by Lalou Bize-Leroy, Bernard Dugat, Pascal Roblet, and even practices from the New World. This method lifts the grapes away from the warmth of the soil and, combined with an elastic top wire for a looser version of "tressage," provides more shade, resulting in smaller, more concentrated clusters and an unparalleled expression of terroir. His system prioritizes an "English school of gardening" aesthetic over geometric topiary, and while labor-intensive (as famously quipped by Pétrus’s Michel Duclos, "tu vas te faire chier tout ta vie"), it delivers exceptional fruit. He targets yields around 35 hl/ha, believing lower yields (like 15 hl/ha) would be too reductive for his small parcels.

Winemaking: A Reductive Philosophy for Expressive Longevity

In the cellar, Kelley's meticulousness reaches new heights, particularly in his nuanced management of sulfur. An avowed critic of the excesses of the natural wine movement, he firmly believes in sulfur's role as an antiseptic and antioxidant, yet critically understands its downsides: it can exaggerate extraction, encourage reductive ferments, contribute a "soapy" sulfite taste, and impede natural microbiological resolution. His aspiration is to bottle both reds and whites with a minimal effective amount – targeting 20 ppm free SO2 and 50-60 ppm total SO2 – ensuring the highest possible ratio of free to combined sulfites.

To achieve this, his approach is multi-faceted:

  • No sulfites at crush (from 2023 onwards), fostering rapid fermentation and malolactic conversion by benign microflora.

  • An uncompromising approach to sanitation.

  • Delayed sulfite additions, guided by taste and frequent VA analysis, with wines protected by cellar temperatures (6C to 13C) and the antioxidant capacity of lees in white wines, and inert gas. Sulfite additions are never made to turbid wine to avoid unnecessary combination, meaning no bâtonnage immediately before, and a week's delay after racking for bottling.

  • No racking during élevage; when wines are assembled from multiple barrels, the lines are fully sparged with nitrogen/CO2 to minimize oxygen pickup.

  • Precise picking times and destemming to maintain low pH in reds, and gentle pressing without breaking the cake for low pH in whites.

  • Use of DIAM 30 closures for white wines for consistent oxygen transmission.

Fermentations occur in wide, open-topped oak and cement vats for reds, with gentle foot punching down. While he acknowledges the tradition of whole cluster, Kelley destems entirely, seeking complexity through other means and believing his wines achieve floral notes without stems. Whites are slow-pressed and barreled down without settling, undergoing protracted fermentations and aging for at least 24 months on lees. Barrels are predominantly François Frères(using the same oak reserved for top producers like Domaine Leroy), with custom oak vats from Tonnellerie Taransaud, all chosen for minimal aromatic impact and maximal precision.

Kelley identifies the "closed phase" in many red Burgundies with oxidative interventions during élevage and aggressive pumping prior to bottling. His counter-strategy involves reductive élevage on the lees without racking, meticulous use of inert gas, and most notably, bottling by hand as gently as possible. This ensures that the first significant oxygen contact occurs only during bottling, providing precisely what the wine needs to avoid a closed phase, particularly given his low pHs. For Kelley, winemaking is a "series of interrelated, accumulative choices," where science must always remain at the service of art, yielding wines that are not just technically sound but brimming with character and unique style.

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